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Désigner
le bénéficiaire d’une police d’assurance-vie
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Malheureusement, lorsqu'une personne est atteinte de ce cancer,
il est temps de se poser certaines questions : Je te désigne,
un peu, beaucoup, pas du tout… Choisir un bénéficiaire
pour notre assurance-vie n’est pas aussi
simple qu’effeuiller une marguerite. Comment décider
de cette épineuse question?
Tout
d’abord, il faut bien comprendre qu’il n’y a
pas de réponse unique ou de planification type. Chaque
cas doit être analysé. En cas de décès,
la meilleure planification pour l’un n’est pas nécessairement
la meilleure solution pour l’autre. Des avantages et des
inconvénients existent et ceux-ci doivent être pris
en considération. Mais une chose est claire pour tous:
nous voulons protéger nos proches des aléas financiers
de la vie.
Si
votre succession risque d’être insolvable, il est
intéressant de privilégier la désignation
d’un bénéficiaire à même votre
police d’assurance, afin d’éviter
qu’à votre décès, le produit de l’assurance
ne fasse partie de la masse de votre succession et serve ainsi
à acquitter vos dettes. Une telle désignation permettra
à la personne nommée de renoncer à la succession
tout en conservant le produit d’assurance, lequel demeurera
hors d’atteinte par vos créanciers à votre
décès.
Désigner
un bénéficiaire signifie également qu’il
recevra ces liquidités parfois plus rapidement que le règlement
de la succession le lui permettrait. Cependant, s’il est
dans une situation financière périlleuse, le nommer
ne serait pas avantageux pour lui. Le produit de l’assurance,
une fois versé, tout en demeurant à l’abri
des créanciers de la succession, ne serait aucunement protégé
des créanciers du bénéficiaire et deviendrait
saisissable par eux.
Si
le bénéficiaire est âgé de moins de
18 ans, son tuteur légal en aura la gestion jusqu’à
sa majorité.
Donc,
dans le cadre de certaines planifications testamentaires et successorales,
il est important de s’assurer que le produit de l’assurance
sera versé à la succession et non directement au
bénéficiaire. Si l’on prévoit que le
produit d’assurance sera versé à la succession,
cela permet également de conserver le contrôle des
sommes léguées à vos légataires et
à vos héritiers. C’est par le testament que
vous pourrez déterminer comment et quand ils auront droit
d’y toucher (exemple: 1/3 à 20 ans, 1/3 à
25 ans, le résidu à 30 ans). Vous pouvez aussi indiquer
dans vos dernières volontés qui administrera ces
sommes (une nomination de ce genre à même une police
d’assurance n’est pas reconnue à l’heure
actuelle en droit québécois). Autrement, la désignation
de bénéficiaires à même la police a
pour conséquence de verser le produit d’assurance
directement à la personne nommée, si elle est âgée
de 18 ans et plus (on ne peut reporter à plus tard la remise
des sommes, sauf par le testament). Ainsi nul autre que le bénéficiaire
n’en aura la gestion. Si ce dernier est âgé
de moins de 18 ans, son tuteur légal en aura la gestion
jusqu’à sa majorité. Ceci n’est pas
toujours le résultat souhaité et souhaitable, tant
pour ce qui est de la remise des sommes à l’âge
de 18 ans, que pour l’administration par le tuteur légal.
L’exemple
d’André et de Claire
André
a vécu un divorce orageux avec sa conjointe, Claire. Cette
dernière a, par la suite, sombré dans de multiples
déboires amoureux. Elle a aussi développé
un trouble de jeu compulsif. Une évidence s’impose
pour André: Claire n’est pas la personne la mieux
placée pour gérer l’argent qu’il pourrait
laisser à leurs deux fils mineurs, Simon et Alex. Toutefois,
si André désigne Simon et Alex comme bénéficiaires
de sa police d’assurance vie, Claire, en
sa qualité de tutrice légale de ses enfants mineurs,
gérera cet argent jusqu’à leur majorité,
s’il en reste jusque là… Donc, il serait avantageux
et prévoyant pour André que le produit de son assurance
fasse partie de sa succession, le léguant à ses
fils par son testament, dans lequel il pourra nommer un administrateur
ainsi que les modalités de remise qu’il jugera raisonnable.
La
désignation d’un bénéficiaire dans
une police d’assurance-vie peut être grandement utile
pour s’assurer de protéger financièrement
les êtres qui vous sont chers, notamment dans le cadre d’une
succession à risque d’insolvabilité. Toutefois,
dans un contexte de solvabilité, pour protéger vos
proches, il peut parfois être préférable de
contrôler davantage vos avoirs et de bien planifier vos
legs par l’entremise de votre testament.
Source : Revue Option Retraite - Été 2004
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