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Les
moyens thérapeutiques
La chirurgie
La
pleuropneumonectomie élargie est controversée. Cette
intervention radicale comporte une morbidité de 44 % et
une mortalité comprise entre 5 et 15 %. Les marges étant
envahies dans 70% des cas, un traitement post-opératoire
adjuvant, par radiothérapie ou chimiothérapie, est
indispensable.
De
même des études testent l'apport de la chimiothérapie
néo-adjuvante.
Avec un faible risque opératoire, une pleurectomie partielle,
à visée palliative, permet très souvent d'endiguer
l'épanchement pleural. Le plus souvent une simple biopsie
associée à une symphyse pleurale est réalisée.
La
radiothérapie
La
dose minimale tumoricide étant de 45 Gy sur un volume très
large, la morbidité est donc importante. Le plus souvent,
la radiothérapie est utilisée à titre antalgique,
à des doses et dans des volumes réduits. Après
une intervention chirurgicale ou un drainage pleural, l'irradiation
prophylactique des trajets de drain (21 Gy en 3 fractions) permet
d'éliminer le risque élevé d'ensemencement
de cellules cancéreuses sur ces mêmes trajets.
La
chimiothérapie
La
chimiothérapie systémique :
Les
mésothéliomes sont globalement assez chimiorésistants.
Peu de chimiothérapies entraînent plus de 20 % de
RO.
Les associations platine-antimétabolite permettent d'obtenir
20 à 45% de réponses objectives. L'association cisplatine-permetrexed
(ALIMTA-MTA) s'est révélée supérieure
au cisplatine en monothérapie. En phase III, les associations
validées sont :
-
permetrexed - cisplatine : RO = 46%, médiane de survie
13,3 mois
- cisplatine seul : RO = 20%, médiane de survie 10 mois
- cisplatine - mitomycine : RO = 26%, médiane de survie
7,7 mois
- cisplatine - adriamycine : RO = 14%, médiane de survie
8,8 mois
Protocole
de référence :
Pemetrexed,
Cisplatine J1-J22 = J1
(avec supplémentation Acide Folinique + vitamine B12)
Protocoles
de chimiothérapie les plus utilisés:
-
Cisplatine + mitomycine C, JI-J29 = J1
- Cisplatine + doxorubicine, JI-J29 = J1
- Cisplatine, gemcitabine, J1, J8, J22 = J1
La
chimiothérapie endocavitaire :
Théoriquement,
sa possibilité se limite aux tumeurs de 5 mm ou moins de
diamètre. Le cisplatine, la mitomycine et la cytarabine
se prêtent aux injections intracavitaires. Une symphyse
pleurale ne permet plus les traitements endocavitaires.
L'immunothérapie / thérapie
cellulaire
Les
traitements par biothérapie (interferon +/- associés
à chimiothérapie), l'utilisation de cellules dendritiques
restent des procédures peu étudiées, en cours
de validation pour certaines.
Les
indications thérapeutiques
De
façon générale, la perspective du traitement
est palliative, faisant surtout appel à une pleurectomie
partielle ou simple biopsie avec symphyse pleurale et une irradiation
systématique des trajets de drainage. Une radiothérapie
peut être entreprise dans un but antalgique. Une chimiothérapie
est légitime si, et seulement si, elle est efficace sur
des symptômes sans provoquer d'effet indésirable
majeur, objectif ou subjectif. A titre palliatif, l'association
cisplatine - permetrexed peut être utilisée comme
traitement de référence en raison de son efficacité
sur le taux de réponse, la survie, la survie sans progression,
et surtout sur les douleurs et la fonction ventilatoire. Cette
association est également testée à titre
néoadjuvant.
Une
pleuropneumonectomie élargie parfois précédée
d'une chimiothérapie néoadjuvante, suivie d'une
radiothérapie post-opératoire et d'une chimiothérapie
adjuvante systémique n'est envisageable que chez des patients
sélectionnés, âgés de moins de 60 ans,
souffrant d'une forme épithéliale à un stade
I, au maximum II, et ayant un indice de performance de 0 ou 1.
Il en est de même d'une pleurectomie subtotale suivie d'un
traitement intracavitaire. C'est seulement dans ces formes, a
priori déjà de bon pronostic, qu'on a pu obtenir
des taux de survie d'environ 40% à 2-3 ans par des traitements
combinés. Il est recommandé d'inclure ces patients
dans des essais controlés.
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